Les joueurs changent de chaussures surtout pour s'adapter à l'état de la pelouse : sur un terrain mouillé ou glissant, ils passent à des crampons vissés plus longs pour garder leurs appuis. Ils en changent aussi à cause d'un crampon cassé, d'une ampoule, d'une douleur ou d'un inconfort. Le changement se fait au bord du terrain, souvent à la mi-temps.
Un joueur assis au bord de la touche, un membre du staff qui lui tend une nouvelle paire, et il repart sur la pelouse. La scène est fréquente, surtout quand il pleut. Changer de chaussures en plein match peut sembler être un caprice, mais c’est souvent une question de sécurité et de performance.
Voici les vraies raisons de ces changements, et ce que disent les règles.
Pourquoi les joueurs changent de chaussures : l’état de la pelouse
C’est la raison numéro un. Une pelouse n’est jamais la même d’un match à l’autre, ni même entre le début et la fin d’une rencontre. Une averse en cours de match, un terrain arrosé à la mi-temps, une pelouse qui se dégrade : les appuis changent.
Le crampon doit s’enfoncer juste ce qu’il faut dans le sol. Trop court sur un terrain gras, et le joueur glisse à chaque changement de direction. Trop long sur un terrain sec et dur, et il manque de stabilité, avec un risque pour les chevilles et les genoux.
Les différents types de crampons
Les joueurs pros ont presque toujours plusieurs paires à disposition. Les principaux types :
| Type | Terrain adapté | Particularité |
|---|---|---|
| FG (terrain sec) | Pelouse naturelle sèche ou légèrement humide | Crampons moulés, le modèle le plus courant |
| SG (terrain gras) | Pelouse mouillée, boueuse ou meuble | Crampons vissés, souvent en métal, plus longs |
| AG (terrain synthétique) | Pelouse artificielle | Crampons plus nombreux et plus courts |
| Mixte | Pelouse changeante | Combinaison de crampons moulés et vissés |
Quand la pluie commence à tomber, beaucoup de joueurs passent des FG aux SG à la mi-temps, voire pendant un arrêt de jeu.
Les autres raisons de changer de chaussures
- Un crampon cassé ou arraché : la chaussure devient instable, voire dangereuse pour l’adversaire si un bout de métal dépasse.
- Une ampoule ou une douleur : une chaussure neuve ou mal adaptée peut blesser le pied au fil du match.
- Une chaussure abîmée : semelle décollée, tige déchirée après un duel.
- Le confort : certains joueurs préfèrent une paire différente selon la phase du match ou la fatigue.
- Le contrôle de l’arbitre : un équipement jugé dangereux doit être changé.
Les sponsors jouent aussi un rôle indirect : les joueurs reçoivent régulièrement de nouveaux modèles et éditions spéciales. Mais pendant un match, la priorité reste toujours l’adhérence et le confort.
Un mauvais appui peut coûter un titre
L’image la plus célèbre reste celle de la finale de Ligue des champions 2008 à Moscou, entre Manchester United et Chelsea, sous une pluie battante. Lors de la séance de tirs au but, John Terry glisse au moment de frapper le penalty qui pouvait offrir le trophée à Chelsea. Son tir touche le poteau, et Manchester United finit par l’emporter. Ce penalty manqué est souvent cité pour rappeler à quel point les appuis comptent.
Les glissades et blessures sans contact (entorses, ligaments) sont en partie liées aux appuis, ce qui explique que les staffs médicaux soient attentifs au choix des crampons.
Ce que disent les règles de l’IFAB
La Loi 4 des Lois du jeu (équipement des joueurs) fixe le cadre :
- Les chaussures sont obligatoires, tout comme les protège-tibias.
- Un joueur ne doit porter aucun équipement dangereux pour lui ou pour les autres. L’arbitre peut vérifier les crampons avant le match.
- Un joueur qui doit corriger son équipement sort du terrain et ne peut revenir qu’avec l’autorisation de l’arbitre, après vérification.
- Si un joueur perd une chaussure accidentellement, il doit la remettre au plus vite, au plus tard au prochain arrêt de jeu. S’il joue le ballon ou marque entre-temps, l’action est valable et le but est accordé.
Voilà pourquoi on voit parfois des joueurs continuer une action avec une seule chaussure : c’est autorisé tant que le ballon est en jeu.
Comment se passe un changement en match
- Le joueur signale le problème au staff ou profite d’un arrêt de jeu.
- L’intendant prépare la paire de rechange, souvent déjà lacée et adaptée au terrain.
- Le joueur change de chaussures en dehors du terrain.
- Il attend le signal de l’arbitre pour revenir sur la pelouse.
Pour éviter de perdre du temps, la plupart des changements ont lieu à la mi-temps. Les intendants préparent souvent plusieurs paires pour chaque joueur avant le match, en fonction de la météo annoncée.
En résumé
Les joueurs changent de chaussures avant tout pour s’adapter à la pelouse, surtout quand elle devient glissante, mais aussi en cas de crampon cassé, de douleur ou de matériel abîmé. La Loi 4 de l’IFAB rend les chaussures obligatoires, interdit l’équipement dangereux et impose de sortir du terrain pour se changer. Une bonne paire au bon moment, c’est de l’adhérence, de la sécurité et parfois un match gagné.
Questions fréquentes
Un joueur peut-il marquer sans chaussure ?
Oui, si la chaussure a été perdue accidentellement pendant l'action. Selon la Loi 4, le but est accordé, mais le joueur doit remettre sa chaussure au prochain arrêt de jeu.
Quelle est la différence entre crampons moulés et vissés ?
Les crampons moulés (FG) font partie de la semelle et conviennent aux terrains secs. Les crampons vissés (SG), plus longs, s'utilisent sur les pelouses mouillées ou grasses pour éviter de glisser.
Pourquoi les joueurs changent-ils de chaussures à la mi-temps ?
Souvent parce que la pelouse a changé, à cause de la pluie ou de l'arrosage. La mi-temps permet de passer à des crampons plus adaptés sans perdre de temps de jeu.
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