Une séance de penalty (ou tirs au but) départage deux équipes à égalité après un match à élimination directe. Chaque équipe tire cinq penalties en alternance ; si l'égalité persiste, on passe à la mort subite. Seuls les joueurs sur le terrain à la fin du match peuvent tirer, et le gardien doit garder au moins un pied sur sa ligne.
Il n’y a rien de plus cruel ni de plus spectaculaire au football. Après 120 minutes de bataille, tout se joue sur une série de duels à 11 mètres. Roberto Baggio en 1994, David Trezeguet en 2006, Yassine Bounou en 2022 : les séances de tirs au but fabriquent des héros et des larmes en quelques secondes.
Mais comment ça marche exactement ? Qui choisit les tireurs, le but, l’ordre ? Voici les règles officielles, expliquées simplement.
Comment fonctionne une séance de penalty : le principe
Officiellement, on parle de « tirs au but ». Ils sont prévus par la loi 10 des Lois du Jeu de l’IFAB et servent à désigner un vainqueur quand un match qui doit avoir un gagnant reste à égalité, en général après une prolongation de deux fois 15 minutes. Introduite au début des années 1970, la séance de penalty remplace le tirage au sort et les matchs à rejouer qui existaient auparavant.
Important : les buts marqués pendant la séance ne comptent pas dans le score du match. On note par exemple « 1-1, 4-3 aux tirs au but ».
Le déroulé, étape par étape
- Le choix du but : l’arbitre tire au sort le but où auront lieu les tirs (sauf raison de sécurité ou d’état du terrain).
- Le choix de l’ordre : un second tirage au sort à pile ou face permet au capitaine gagnant de décider si son équipe tire en premier ou en second.
- Les cinq premiers tirs : les équipes tirent chacune leur tour, cinq tirs chacune.
- La fin anticipée : si une équipe a déjà marqué plus de buts que l’autre ne pourrait en marquer avec ses tirs restants, la séance s’arrête.
- La mort subite : à égalité après cinq tirs, on continue tir par tir ; dès qu’une équipe marque et que l’autre rate sur la même série, c’est fini.
Qui a le droit de tirer ?
Seuls les joueurs présents sur le terrain à la fin du match (prolongation comprise) peuvent participer. Un joueur remplacé ou expulsé ne peut pas revenir. Seule exception : un gardien blessé pendant la séance peut être remplacé par un remplaçant si l’équipe n’a pas épuisé ses changements.
- Égalité numérique : si une équipe a plus de joueurs que l’autre (après une expulsion), elle doit réduire son nombre de tireurs pour être à égalité.
- Tout le monde avant de doubler : aucun joueur ne peut tirer une deuxième fois tant que tous ses coéquipiers éligibles, gardien compris, n’ont pas tiré.
- L’ordre est libre : l’entraîneur choisit ses tireurs et l’ordre, mais l’arbitre doit être informé.
Les règles pour le gardien
C’est l’un des points les plus surveillés, surtout depuis l’arrivée de la VAR. Au moment de la frappe, le gardien doit :
- se trouver sur sa ligne de but, entre les poteaux ;
- avoir au moins une partie d’un pied sur la ligne, au-dessus ou au niveau de celle-ci ;
- faire face au tireur, sans toucher les poteaux, la barre ou les filets.
S’il avance trop tôt et arrête le tir, le penalty est à retirer. Le gardien qui ne tire pas reste à l’extérieur de la surface, sur la ligne de but, et tous les autres joueurs attendent dans le rond central.
Ce qui se passe pendant un tir
Contrairement à un penalty pendant le match, il n’y a pas de deuxième chance : une fois le tir effectué, aucun joueur ne peut reprendre le ballon. Le tir est terminé quand le ballon s’arrête, sort du terrain ou que l’arbitre arrête le jeu. Si le ballon tape le poteau, rebondit sur le dos du gardien et entre, le but est valable.
Le tireur peut faire une feinte pendant sa course d’élan, mais pas une fois sa course terminée. Une feinte au dernier moment entraîne un carton jaune et le tir est compté comme manqué.
Les séances de penalty les plus célèbres
| Match | Année | Ce qu’on retient |
|---|---|---|
| Tchécoslovaquie – RFA, finale de l’Euro | 1976 | La « panenka » d’Antonín Panenka offre le titre |
| RFA – France, demi-finale du Mondial | 1982 | Première séance de l’histoire de la Coupe du monde |
| Brésil – Italie, finale du Mondial | 1994 | Roberto Baggio envoie le dernier tir au-dessus |
| Italie – France, finale du Mondial | 2006 | Trezeguet sur la barre, l’Italie gagne 5-3 |
| Italie – Angleterre, finale de l’Euro 2020 | 2021 | L’Italie s’impose 3-2 à Wembley |
| Maroc – Espagne, huitième du Mondial | 2022 | Bounou écœure l’Espagne, 3-0 aux tirs au but |
| Argentine – France, finale du Mondial | 2022 | Après un 3-3 fou, l’Argentine gagne 4-2 |
| Maroc – Pays-Bas, seizième du Mondial | 2026 | Le Maroc passe 3-2 après un 1-1 |
En résumé
Comment fonctionne une séance de penalty ? Cinq tirs par équipe en alternance, puis la mort subite si l’égalité persiste, avec des tireurs choisis parmi les joueurs présents sur le terrain à la fin du match. Le gardien doit garder un pied sur sa ligne, et aucun rebond n’est autorisé. Des règles simples, pour un moment qui reste le plus stressant du football.
Questions fréquentes
Combien de tirs au but y a-t-il dans une séance ?
Chaque équipe tire d'abord cinq penalties en alternance. Si l'égalité persiste, on passe à la mort subite, tir par tir, jusqu'à ce qu'une équipe marque et pas l'autre.
Un remplaçant peut-il tirer pendant la séance ?
Non, seuls les joueurs présents sur le terrain à la fin du match peuvent tirer. Exception : un gardien blessé pendant la séance peut être remplacé si l'équipe a encore un changement disponible.
Le gardien peut-il avancer avant le tir ?
Non. Au moment de la frappe, il doit avoir au moins une partie d'un pied sur ou au niveau de sa ligne. S'il avance et arrête le tir, celui-ci est à retirer.
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