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Walid Regragui : parcours et style de l’ex-sélectionneur du Maroc

Walid Regragui : parcours et style de l’ex-sélectionneur du Maroc
Réponse rapide

Walid Regragui, né en 1975 à Corbeil-Essonnes, a été sélectionneur du Maroc d'août 2022 à février 2026. Ancien latéral droit et finaliste de la CAN 2004, il a mené les Lions de l'Atlas en demi-finale du Mondial 2022, une première pour l'Afrique, puis en finale de la CAN 2025. Mohamed Ouahbi lui a succédé.

En décembre 2022, au Qatar, le monde entier a découvert un entraîneur au crâne rasé qui embrassait la tête de sa mère en tribune après chaque victoire. Walid Regragui venait d’emmener le Maroc là où aucune sélection africaine n’était jamais allée : en demi-finale de la Coupe du monde. Trois mois plus tôt, il n’était pourtant même pas en poste.

Son histoire mêle banlieue parisienne, couloirs de Ligue 1, bancs marocains et nuits historiques. Voici le parcours complet et le style de jeu de celui qui a marqué durablement le football marocain.

Walid Regragui, un enfant de l’Essonne

Walid Regragui est né le 23 septembre 1975 à Corbeil-Essonnes, au sud de Paris, dans une famille d’origine marocaine. Il grandit dans la cité des Tarterêts et se forme dans les clubs de la région, sans passer par un grand centre de formation. Ce parcours de « tardif » forge un caractère : rien ne lui a été donné, et il le rappellera souvent.

Un latéral droit solide et régulier

Comme joueur, Regragui n’était pas une star, mais un défenseur fiable, intelligent et très endurant. Il a notamment évolué dans ces clubs :

ClubPaysPériode approximative
Toulouse FCFrancefin des années 1990 – début 2000
AC AjaccioFrancedébut des années 2000
Racing SantanderEspagnemilieu des années 2000
Dijon FCOFrancefin des années 2000
Grenoble Foot 38Francefin des années 2000

Avec le Maroc, il compte plus de 40 sélections. Son plus beau souvenir : la CAN 2004 en Tunisie, où les Lions de l’Atlas atteignent la finale, perdue contre le pays hôte. Il fait partie des cadres de cette génération dirigée par Badou Zaki.

Les débuts d’entraîneur : du FUS Rabat au Wydad

Après sa carrière, Regragui passe ses diplômes et devient adjoint en sélection marocaine. Il prend ensuite son premier vrai projet en main au Fath Union Sport de Rabat.

FUS Rabat, le premier coup d’éclat

Avec des moyens limités, il construit une équipe disciplinée et ambitieuse, qui remporte le championnat du Maroc en 2016. Un titre historique pour le club de la capitale, qui le place sur la carte des entraîneurs à suivre.

Al-Duhail, l’expérience du Golfe

Il part ensuite au Qatar, à Al-Duhail, où il découvre un environnement plus riche et plus exigeant, avec des joueurs internationaux. Une étape qui élargit sa palette.

Wydad Casablanca, le sommet africain

De retour au Maroc, il prend le Wydad Casablanca. En 2021-2022, il réalise le doublé championnat du Maroc et Ligue des champions de la CAF, en battant Al Ahly en finale. C’est ce sacre continental qui convainc la fédération de lui confier la sélection.

Sélectionneur du Maroc : le Mondial 2022 historique

Nommé fin août 2022 après le départ de Vahid Halilhodžić, Regragui n’a que quelques semaines pour préparer la Coupe du monde. Il rappelle des joueurs mis à l’écart, notamment Hakim Ziyech, et soude le groupe autour d’un discours simple : jouer pour le pays et pour la diaspora.

Le parcours au Qatar reste gravé :

  • premier de son groupe devant la Croatie et la Belgique ;
  • victoire aux tirs au but contre l’Espagne en huitième de finale ;
  • victoire 1-0 contre le Portugal en quart ;
  • défaite contre la France en demi-finale.

Le Maroc devient la première nation africaine et arabe à atteindre ce stade. Bilan final : une quatrième place et un retour triomphal à Rabat.

Le style Regragui : bloc, intensité et « niya »

Tactiquement, Walid Regragui est un pragmatique. Son Maroc du Mondial 2022 défendait en bloc compact, souvent en 4-1-4-1, et frappait en transition grâce à la vitesse de ses latéraux et à la qualité de ses milieux. Quelques principes reviennent :

  1. La solidité d’abord : peu d’espaces entre les lignes, des efforts défensifs de tous.
  2. Les latéraux comme armes : Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui avaient un rôle clé dans les sorties de balle.
  3. Un groupe avant tout : il protège ses joueurs publiquement et mise sur l’unité.
  4. La « niya » : la sincérité et la foi collective, mot qu’il a popularisé pendant le Mondial.

Ses détracteurs lui ont parfois reproché un manque d’audace face aux blocs bas, notamment lors de l’élimination précoce à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire.

Un meneur d’hommes avant tout

Ce qui frappe chez Regragui, c’est sa manière de parler aux joueurs et au public. Il assume ses origines binationales et en a fait une force : pour lui, un joueur né à Madrid, Amsterdam ou Montreuil est autant Marocain qu’un joueur né à Casablanca. Ce discours a apaisé un vieux débat sur les binationaux et donné envie à de jeunes talents de choisir les Lions de l’Atlas.

Il a aussi su transmettre une forme de confiance collective. Avant le Mondial 2022, peu d’observateurs imaginaient le Maroc sortir de son groupe. Lui répétait que ses joueurs évoluaient dans de grands clubs européens et qu’ils n’avaient aucune raison de se sentir inférieurs. Ses conférences de presse, directes et parfois piquantes, ont contribué à construire cette image de chef de bande.

La fin d’un cycle en 2026

Après la CAN 2025 organisée au Maroc, où les Lions de l’Atlas ont atteint la finale avant de s’incliner face au Sénégal, Regragui a choisi de partir. La fédération a officialisé la fin de sa mission fin février 2026, quelques mois avant la Coupe du monde. Mohamed Ouahbi, champion du monde U20 avec le Maroc en 2025, lui a succédé. Aucune nouvelle destination n’était officialisée au moment de son départ, même si des clubs du Golfe ont été cités dans la presse.

En résumé

Walid Regragui, c’est l’histoire d’un latéral de l’Essonne devenu l’un des entraîneurs les plus marquants du football africain. Champion du Maroc avec le FUS Rabat, champion d’Afrique avec le Wydad, demi-finaliste du Mondial 2022 puis finaliste de la CAN 2025 avec les Lions de l’Atlas, il a laissé un héritage solide : un Maroc respecté, organisé et convaincu qu’il peut battre n’importe qui.

Questions fréquentes

Walid Regragui est-il toujours sélectionneur du Maroc ?

Non. Il a quitté son poste fin février 2026, après la finale de la CAN 2025 perdue contre le Sénégal. Mohamed Ouahbi lui a succédé à la tête des Lions de l'Atlas.

Dans quels clubs Walid Regragui a-t-il joué ?

Latéral droit, il a notamment joué à Toulouse, Ajaccio, au Racing Santander, à Dijon et à Grenoble. Il a aussi été international marocain et finaliste de la CAN 2004.

Quel est le plus grand exploit de Walid Regragui ?

La demi-finale de la Coupe du monde 2022 avec le Maroc, une première pour une sélection africaine et arabe. Avec le Wydad, il avait aussi remporté la Ligue des champions de la CAF en 2022.

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