Le mercato de l'OM repose sur un équilibre fragile : un propriétaire, Frank McCourt, qui finance les pertes, des ventes régulières pour respecter les règles financières, et beaucoup de prêts avec option d'achat. À mi-2026, le club a été réorganisé avec Stéphane Richard président, Grégory Lorenzi directeur sportif et Bruno Genesio entraîneur.
À Marseille, le mercato n’est jamais une simple affaire de recrutement. C’est un feuilleton national, commenté dans chaque bar du Vieux-Port, où une rumeur peut enflammer la ville et un transfert raté faire vaciller une direction. Peu de clubs français vivent leurs fenêtres de transferts avec autant d’intensité.
Pour comprendre le mercato de l’OM, il faut regarder au-delà des noms qui circulent chaque été : qui décide, avec quel argent, sous quelles contraintes, et avec quelle méthode.
Le mercato OM, une question de gouvernance
Depuis octobre 2016, l’Olympique de Marseille appartient à l’homme d’affaires américain Frank McCourt. Son arrivée a mis fin à l’ère Louis-Dreyfus et ouvert une période d’investissements importants, avec plusieurs dirigeants successifs.
Pablo Longoria, arrivé comme directeur du football puis président à partir de février 2021, a longtemps incarné la stratégie du club. Il a été très actif sur le marché, avec un nombre élevé d’arrivées et de départs chaque saison. En février 2026, il a quitté la présidence dans une période agitée, quelques jours après le départ de l’entraîneur Roberto De Zerbi, arrivé en 2024 et deuxième de Ligue 1 en 2024-2025.
Qui pilote le mercato à mi-2026 ?
- Propriétaire : Frank McCourt
- Président : Stéphane Richard, nommé au printemps 2026
- Directeur sportif : Grégory Lorenzi, nommé fin mai 2026
- Entraîneur : Bruno Genesio, arrivé début juillet 2026 pour succéder à Habib Beye, resté environ quatre mois
Medhi Benatia, qui avait occupé le poste de directeur du football, a quitté ses fonctions à la fin de la saison 2025-2026. Comme toujours à Marseille, cet organigramme peut évoluer vite.
Les contraintes financières qui dictent tout
L’OM a un problème structurel : ses revenus ne couvrent pas toujours ses dépenses. Le club dispose d’un stade immense et d’une ferveur unique, mais ses droits TV et ses revenus commerciaux restent loin de ceux des géants européens. Le propriétaire a donc régulièrement comblé les pertes.
À cela s’ajoutent deux gendarmes :
- La DNCG, qui contrôle les comptes des clubs français et peut encadrer leur masse salariale.
- L’UEFA, dont les règles limitent la part des revenus consacrée aux salaires et aux transferts.
Conséquence directe : l’OM doit souvent vendre avant d’acheter, surtout quand il ne se qualifie pas pour la Ligue des champions.
La stratégie des prêts avec option
C’est la signature des mercatos marseillais récents. Plutôt que de payer cash un gros montant, le club fait venir un joueur en prêt avec option ou obligation d’achat. L’avantage est double : on teste le joueur et on décale la dépense à l’exercice suivant.
Leonardo Balerdi, arrivé de Dortmund en prêt avant d’être acheté, ou Arkadiusz Milik, venu de Naples en prêt avec obligation d’achat, illustrent ce montage. Le risque ? Se retrouver avec des obligations d’achat à honorer au moment où les finances sont tendues.
Les transferts marquants de l’histoire de l’OM
Certains transferts ont façonné l’identité du club. En voici une sélection :
| Joueur | Mouvement | Année | Pourquoi c’est marquant |
|---|---|---|---|
| Jean-Pierre Papin | Arrivée du Club Bruges | 1986 | Devient la légende offensive de l’ère Tapie, Ballon d’or 1991 |
| Didier Drogba | Arrivée de Guingamp | 2003 | Une seule saison, finale de Coupe UEFA, idole éternelle |
| Didier Drogba | Départ vers Chelsea | 2004 | L’une des plus grosses ventes du club à l’époque |
| Dimitri Payet | Retour de West Ham | 2017 | Retour très attendu, finale de Ligue Europa 2018 |
| Mason Greenwood | Arrivée de Manchester United | 2024 | Recrue phare de l’ère De Zerbi, très prolifique en Ligue 1 |
Papin et Drogba, les références
Papin incarne la grande époque des années 1990, celle des titres de champion et de la Ligue des champions 1993. Drogba, lui, n’a passé qu’une saison au Vélodrome, mais son impact émotionnel est immense. Sa vente à Chelsea a aussi rappelé une réalité marseillaise : même les idoles finissent par partir quand une offre majeure arrive.
Payet, le symbole affectif
Le retour de Dimitri Payet en janvier 2017 a été vécu comme un acte d’amour réciproque. Le joueur avait forcé son départ de West Ham pour revenir à Marseille, où il est devenu capitaine et l’un des visages du club pendant plusieurs saisons.
Les grandes tendances du recrutement marseillais
En observant les dernières années, plusieurs constantes se dégagent :
- Beaucoup de mouvements : l’OM change une grande partie de son effectif presque chaque été.
- Des joueurs relancés : le club aime recruter des talents en perte de vitesse dans des grands championnats.
- Un réseau en Afrique et dans la diaspora, en lien avec le public marocain, algérien, sénégalais et ivoirien très présent à Marseille.
- Des ventes nécessaires chaque saison pour équilibrer les comptes.
- Une forte dépendance à la Ligue des champions : qualifié, le club peut retenir ses cadres ; éliminé, il doit souvent vendre.
L’instabilité, ennemie du mercato
Le principal handicap de l’OM sur le marché, c’est peut-être sa propre instabilité. Depuis 2021, le club a enchaîné les entraîneurs : Sampaoli, Tudor, Marcelino, Gattuso, Gasset, De Zerbi, puis Beye et Genesio en 2026. Chaque nouveau coach arrive avec ses idées, son système, ses profils préférés. Résultat : des joueurs recrutés pour un projet se retrouvent parfois sans rôle six mois plus tard, et doivent être revendus ou prêtés.
C’est tout l’enjeu de la réorganisation de 2026 : donner au directeur sportif une ligne claire, indépendante des changements de banc, pour que le recrutement suive une vision sur plusieurs saisons plutôt qu’une succession de coups.
Ce que les supporters doivent surveiller
Pour lire un mercato de l’OM sans se faire piéger par les rumeurs, quelques réflexes aident : regarder la durée des contrats des cadres, vérifier si une arrivée est un prêt ou un achat ferme, suivre les décisions de la DNCG en début d’été et observer le classement final, qui conditionne les revenus européens.
En résumé
Le mercato de l’OM est le reflet du club : passionné, imprévisible et contraint par ses finances. Entre les prêts avec option, les ventes obligatoires et les coups de cœur comme Papin, Drogba ou Payet, Marseille cherche en permanence l’équilibre entre ambition et réalité. Avec une direction largement renouvelée en 2026, la stratégie de recrutement entre dans un nouveau cycle, à suivre de près.
Questions fréquentes
Qui est le propriétaire de l'OM ?
L'Olympique de Marseille appartient à l'homme d'affaires américain Frank McCourt depuis octobre 2016.
Qui dirige le mercato de l'OM en 2026 ?
À mi-2026, le recrutement est piloté par le directeur sportif Grégory Lorenzi, nommé fin mai 2026, sous la présidence de Stéphane Richard. Bruno Genesio est l'entraîneur depuis juillet 2026.
Pourquoi l'OM utilise-t-il autant de prêts avec option d'achat ?
Ce montage permet de tester un joueur et de reporter la dépense à l'exercice suivant. C'est utile pour un club dont les finances sont surveillées par la DNCG et l'UEFA.
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